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[Marketing Sportif, Sponsoring et Stratégies de Communication par le Sport]

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[Marketing Sportif, Sponsoring et Stratégies de Communication par le Sport]

Le vainqueur du Tour de France 2006 positif !

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Coup de théâtre ! Alors qu'on pensait être enfin débarrassé du dopage sur les routes du Tour de France cycliste, le dernier vainqueur, Floyd Landis, a été contrôlé positif à un test anti-dopage réalisé à l'issue de sa victoire lors de la 17e étape. Celui-ci a révélé un taux inhabituellement élevé de testostérone / épitestostérone. L'équipe Phonak vient de dévoiler ce résultat ce jeudi sur son site internet ; information relayée par l'ensemble des médias. Précisons cependant que pour être définitivement déclaré coupable de dopage, soit il faut que le résultat de l'analyse soit confirmé par une contre-expertise demandée par le coureur, soit que le coureur renonce à cette contre-analyse.

 

Phonak et les organisateurs doivent maintenant faire face à une véritable situation de crise. En dévoilant l'affaire, les dirigeants ont pris leurs responsabilités et ont joué le jeu de la transparence. Cet acte fort est un signe supplémentaire de la volonté affichée de la part des équipes de ne pas cautionner les pratiques de dopage dans le cyclisme. Afin d'aller au bout de leur engagement, Phonak se doit maintenant de sanctionner lourdement leur coureur si celui-ci est reconnu coupable de dopage. Pour condamner cette attitude, ils se doivent de comprendre dans quelles conditions Landis s'est dopé afin de prendre les sanctions qui s'imposeraient : licencier le coureur et ceux qui l'ont aidé à le faire. Il faudra donc trouver les réponses aux questions suivantes : le directeur sportif est-il parti prenante de son dopage ? Y a-t-il d'autres coureurs de la Phonak dopés ? Qui sont les fournisseurs des produits utilisés ?

 

Du côté de l'organisation du Tour, propriété d'Amaury Sport Organisation, on doit également se sentir dans une situation inconfortable. Cette annonce jette à nouveau le discrédit sur l'épreuve. Acteur majeur de la lutte contre le dopage dans le cyclisme international, les dirigeants ont déjà publiquement condamné cet acte.Que Landis se soit réellement dopé ou pas, la marque est à nouveau égratignée dans cet épisode fâcheux de la Grande Boucle. Les enjeux sont capitaux. Le risque est double : le public peut finir par ne plus croire en ce sport et en cette compétition et déserter les bords de la route ou les retransmissions TV, et les sponsors peuvent disparaître de peur que leur marque soit rattachée à l'image du dopage.

 

Pour ASO, c'est un véritable coup de massue d'autant plus que les audiences sur France Télevisions de l'édition 2006 ont enregistré une chute de 5 points de part d'audience par rapport à 2005 (40% en 2006 vs 44,7% en 2005). Ce recul intervient cependant dans des circonstances atténuantes : une période du Tour a chevauché celle de la Coupe du Monde de Football (notons néanmoins que les diffusions n'ont jamais été en concurrence directes), l'annonce de dopage avant même le début de l'épreuve et la non participation des principaux favoris au titre. Et justement, ces derniers évènements lié au dopage viennent démontrer influence de ce fléau sur le suivi (sur site ou à la TV) de cette compétition. Est-ce un signe pour l'édition 2007 ? Le public sera-t-il toujours au rendez vous estival l'année prochaine ? Ne va-t-il pas définitivement se lasser de toutes ces histoires de tricheries ?

 

Alors que les organisateurs et les équipes françaises semblaient enfin influencer et inspirer le peloton et les instances du cyclisme international, cette annonce risque de semer le trouble dans l'opinion publique. Malheureusement, une fois de plus, ce sont les équipes françaises telles que le Crédit Agricole et la fdjeux.com, ayant une charte et des mesures anti-dopage radicales et efficaces, qui pâtissent de ces pratiques au regard de leur classement au terme de l'épreuve, respectivement 11e et 17e. Cette annonce soulève aussi de nombreuses questions sur les méthodes employées par le monde du cyclisme. Comment se fait-il que chaque vainqueur d'étape (ou le trio de tête) ne soit pas systématiquement contrôlé à l'issue de la journée ? Une telle mesure n'aurait-elle pas dissuadé Landis ? C'est à croire que le dopage profite encore à certains (outres les fournisseurs).

Espérons donc que le dopage de Landis ne soit pas confirmé par la contre-analyse. Et surtout, s'il a vraiment utilisé des produits dopants, qu'aucune autre équipe ne l'engagera. A ce propos, Discovery Channel, ancienne équipe de Lance Armstrong, serait sur le point d'engager Jan Ullrich licencié par la T-Mobil pour dopage...

La S.M.S.

 

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