Le scandale du jour est à créditer au coureur italien Moreni de la formation française Cofidis. On
apprend ce mercredi que le cycliste a été contrôlé positif à la testostérone à l'issue de la onzième étape. C'est la désolation au sein de l'équipe française qui est un acteur de la
lutte antidopage.
Le coureur a ensuite avoué s'être dopé et s'en est excusé auprès de ses coéquipiers, l'encadrement de l'équipe et les organisateurs, ASO. Moreni ne demandera d'ailleurs même pas la
contre-expertise. Aussitôt, les responsables de Cofidis (dont nous avions consacré un
article ici) ont pris la décision de quitter de leur propre chef la compétition avec effet immédiat (alors qu'Astana avait quitté le peloton à la
demande d'ASO).
Quelques heures après, Rasmussen refait parler de lui. D'abord en gagnant l'étape du jour sous les hués du public, puis en se faisant prier de quitter le Tour par son
équipe, la Rabobank, tout Maillot Jaune qu'il est. La formation se dit convaincu que son coureur a délibérément violer les règles en n'indiquant
pas sa localisation pour subir des contrôles antidopages. Il se pourrait même que la formation quitte elle aussi la Grande Boucle avant son terme !
Alors qu'ASO doit systèmatiquement se justifier à l'annonce de chaque cas de dopage, on ne peut que se féliciter que la lutte engagée contre
elle, montre ses premiers résultats. ASO n'a pas à rougir. Elle se doit d'afficher sa sérénité à chacune des annonces.
Espérons tout de même qu'il n'y aura pas trop de nouvelles annonces d'ici la fin du Tour... qu'il reste quelques coureurs pour passer la ligne d'arrivée !
Les
jours passent et se ressemblent sur les routes de France. Alors que les coureurs sont au repos ce jour, on s'affole en coulisse. L'un des principaux animateurs du Tour de France 2007, Alexandre Vinokourov, vainqueur de deux étapes cette année, a été contrôlé positif aux transfusions
homologues (transfusion du sang d'un donneur compatible) ! Le contrôle a été fait samedi dernier à l'issu de sa victoire.
Dans le contexte actuel où la suspicion est toujours de mise autour du cas de l'actuel Maillot Jaune Rasmussen (déjà évoqué la.Semaine.du.Marketing.Sportif. ici), voici une nouvelle onde de choc pour ASO et ses partenaires. La
nouvelle a aussitôt été suivie par l'annonce d'Astana, sponsor de l'équipe de Vinokourov, d'arrêter le Tour de France alors même que
la formation est leader par équipe au classement général !
Plus tôt dans la journée, les dirigeants de T-Mobile ont fait par de leur réflexion sur la poursuite ou non de leur
partenariat avec la formation cycliste allemande, déjà sous la menace du retrait de leur équipementier Adidas (plus d'infos ici)!
Après la télévision allemande qui verse 30M€ par an pour diffuser l'épreuve (cf. billet
prévédent), c'est au tour des sponsors de quitter les uns après les autres le peloton (dont le Crédit Agricole qui avait annoncé son
retrait en 2009 avant le départ du Tour). Las de soutenir financièrement des tricheurs, Astana vient de prendre une décision courageuse, alors qu'elle était en tête de la
compétition. Son retrait peut être considéré comme un acte courageux. Pour d'autres, il peut paraître lâche. Dans cette tempête, il convient alors de prendre des mesures importantes afin de
mettre en place une véritable communication de crise pour ne pas voir son image entachée et noyée dans ce scandale.
Le dopage rode toujours sur les routes de la Grande Boucle. On se demande d'ailleurs pourquoi chaque vainqueur n'est pas systématiquement contrôlé. Une telle mesure
devrait refroidir les velléités de tricherie de certains. Elle vient de surprendre Vinokourov qui a voulu jouer avec le feu ; et elle pourrait le brûler à nouveau puisqu'il a aussi été contrôlé à
l'issu de sa victoire lundi dernier (les analyses sont en cours).
Au milieu de cette pagaille, on se demande combien de temps le Tour de France pourra tenir. Ira-t-il jusqu'au bout ? Verra-t-on les coureurs sur les routes en
Juillet 2008 ?
Et dire que c'était une journée de repos !
la.S.M.S proposait dans
son précédent post une stratégie de sponsoring innovante : exploiter la crise du dopage en devenant l'acteur majeur
du "nettoyage" du cyclisme pour en faire sa stratégie de communication de sponsoring. Quelques jours plus tard, l'Equipe publie une interview de Jonathan
Vaughters, manager de l'équipe cycliste Slipstream, qui a décidé d'axer son plan marketing et communication autour "d'une mode
antidopage". Il rejoint ainsi l'idée émise la semaine dernière par la.Semaine.du.Marketing.Sportif
!
L'ancien coureur a monté une modeste formation américaine de Continental Pro autour de jeunes cyclistes et tente actuellement de recruter quelques stars du peloton
et d'obtenir dès 2008 une wild-card (invitation) pour le Tour de France et intégrer le Pro-Tour en 2009.
Avec un budget de 8M€ (financé par un jeune et riche homme d'affaires new yorkais), Slipstream veut être l'équipe éthique du peloton. "Ceux
qui viendront chez nous suivront un programme antidopage très strict, géré par une structure indépendante et surpervisé par l'Agence Mondiale Antidopage (l'AMA) " annonce Vaughters*, ancien
coureur du Crédit Agricole. "On peut inventer un petit logo qui montre qu'une équipe adhère à un programme certifié par l'AMA. Il faut créer une mode antidopage"
ajoute-il. Son but est de créer un engouement populaire afin de diaboliser les dopés auprès du public, encore trop complaisants avec ces athlètes.
Dans un contexte sociale marqué par l'importance accordé à la santé, la nutrition et le développement durable, la stratégie présentée la semaine dernière par
marketingsportif.overblog.com
a toute sa place dans le sponsoring sportif. Elle trouve écho avec le choix marketing de Vaughters qui y voit une formidable opportunité de combiner sport,
éthique et business. Le pouvoir de la communication lui permettra de créer une prise de conscience collective dont son équipe sera le fer de lance. A l'instar de ce qui a été fait pour
lutter contre le tabac qui n'est plus du tout tendance depuis une campagne de communication massive et des mesures prises pour protéger les non-fumeurs. C'est l'exemple que veut suivre John
Vaughters pour placer son équipe au coeur de la lutte antidopage. Une équipe propre ne devrait avoir aucun mal à trouver un sponsor. Mais ce dernier devra s'impliquer pour soutenir cette
initiative et la communiquer au grand public. Les aides apportées par le partenaire permettront de mettre en place un processus d'entrainements propre et ultra-performant, jamais vu dans le
cyclisme, pour que les athlètes remportent des trophées à la seule sueur de leur front !
Les retombées pour la marque partenaire n'en seraient que bien plus importantes. Etre celle par qui le cyclisme s'est assaini, voilà de quoi sensibiliser le public et travailler considérablement
son image de marque.
*Source : L'Equipe du 23/07/07
Chaque jour qui passe creuse un peu plus la plaie du cyclisme. On croyait avoir tout vu en 1998 avec l'affaire Festina. On n'imaginait pas faire pire que
l'année dernière avec l'exclusion de six favoris à la succession de Armstrong à la veille du départ du Tour de France. On pensait
avoir touché le fond à l'annonce du dopage de dernier vainqueur de la Grande Boucle, quelques jours à peine après son sacre. Et pourtant non. Le cru 2007 réserve encore son lot de
rebondissements.
Ce jour, on apprend que Rasmussen, actuel Maillot Jaune, s'est fait exclure de sa fédération nationale danoise pour ne pas lui
avoir indiqué les lieux de son programme d'entrainements, procédure qui permet de réaliser des contrôles de dopage inopinés. Pour n'avoir pas respecté cette règle, le coureur ne
pourra pas participer aux prochains Championnat du Monde ni aux Jeux Olympiques. Cependant, puisqu'il n'est pas suspecté de dopage, la direction du Tour de France
laisse Rasmussen poursuivre la compétition. Côté coulisse, c'est la colère qui se dégage des organisateurs et des autres équipes. L'unanimité semble se dessiner contre le coureur à qui l'on
reproche son manque de sérieux dans le contexte actuel et contre l'UCI et son équipe, la Rabobank, qui ont décidé de faire cette annonce en plein Tour de France, au moment où Rasmussen est le
leader du classement général, et alors qu'elles avaient connaissance avant le Tour de la situation du coureur !
Ce nouvel épisode ne devrait pas rassurer Adidas qui à déclarer la veille à un journal allemand réfléchir
sérieusement à mettre fin à tout investissement dans le cyclisme ! L'équimentier déclare ainsi son raz le bol des affaires de dopage autour du vélo. Les équipes nationales française et
allemande, ainsi que la T-Mobile ne recevraient alors plus le soutien financier d'Adidas et devraient rapidement trouver un successeur. La marque ne
veut plus financer un sport qui reste endigué depuis près de dix ans dans des affaires de dopage, lesquelles pourraient déteindre sur l'image de l'équipementier.
Le cyclisme professionnel connait une relative crise financière après la crise éthique, sportive et médiatique. En effet, plusieurs sponsors ont décidé de
mettre fin à leur partenariat (officiellement pas uniquement à cause du dopage), les télévisions allemandes ont ouvert une porte de sortie pouvant inspirer d'autres diffuseurs ou
partenaires, comme c'est le cas d'Adidas. Cette argent va donc quitter l'économie du cyclisme. Mais la vague médiatique ne va-t-elle pas empêcher les prospects à se mouiller dans le vélo
?
Quels axes de stratégies peuvent alors permettre aux divers acteurs du milieu de convaincre des annonceurs d'investir dans le cyclisme 8 à 15M€* (pour
une équipe), et des diffuseurs plusieurs dizaines de millions d'euros (en fonction de pays ; i.e. : 30M€ en Allemagne, 23M€ en France*) ?
Il leur faudra faire montre de beaucoup d'imagination et d'ingéniosité pour les séduire. Mais il n'y a aucune raison de ne pas y croire. Le cyclisme reste l'un des
sports les plus populaires malgré ses affaires de dopage. Les fans restent fidèles (comme déjà vu dans un
billet précédent). C'est donc l'occasion pour tout nouvel entrant de devenir un acteur majeur du nettoyage définitif de ce sport.
L'un des facteurs clés de succès sera de prévoir un plan d'actions et de communication important et solide dans la lutte anti-dopage. Une stratégie risquée
et audacieuse, certe, mais qui peut se réveler terriblement efficace. C'est aussi le moment de marquer son soutien pour un sport en crise. Une attention qui, si elle est bien mise en valeur,
saura sensibiliser un public fidèle passionné du Tour.
*Source : L'Equipe.

Après la découverte hier d'un nouveau cas de dopage lors d'un contrôle inopiné effectué avant le Tour de France
sur un coureur allemand de la T-Mobil, les diffuseurs nationaux ARD et ZDF ont décidé de mettre en oeuvre leur menace. Arguant de ne pas vouloir cautionner un sport entaché, et face à la rupture du contrat moral passé
avec l'équipe allemande T-Mobil, les chaînes ont suspendu la diffusion de l'épreuve avec effet immédiat et jusqu'à nouvel ordre, dans l'attente de la contre-expertise. Malgré les
30M€* investis chaque année pour acquérir les droits télévisés du Tour !
ASO, organisateur de la Grande Boucle est stupéfait. Il se retrouve pénalisé en ne bénéficiant pas de la couverture médiatique
prévue sur le territoire allemand (seul Eurosport Allemagne diffuse désormais le compétition). Les supporters et les annonceurs
en quête d'exposition le sont tout autant. Les réactions ne se sont pas fait attendre.
D'un côté, certains espèrent que cela provoquera un choc psychologique et médiatique qui forcera les instances et les équipes à prendre des mesures draconiennes
nécessaires pour endiguer ce "virus". Ils attendent le grand nettoyage pour ne plus voir leurs marques salies par des suspicions de tricherie et pour que l'éthique et la morale sportive prédomine
à la surenchère "économico-sportive".
D'un autre côté, ASO et ses partenaires accusent les chaînes publiques allemandes d'exercer une pression inutile jetant le trouble sur l'efficacité de leurs actions de lutte
anti-dopage. Quant à elle, France Télévisions estime qu'il n'est "pas question d'arrêter" et pense que la décision de
leurs confrères "est grave". La question que les partenaires et acteurs du Tour de France se posent est simple : pourquoi sanctionner des organisateurs qui mettent tout en oeuvre pour
lutter contre le dopage ?
La crainte de certains est de voir les actions anti-dopage s'estomper afin de ne pas dévoiler de nouveaux scandales finissant par dégoûter les sponsors et les
diffuseurs qui ne veulent plus investir dans ce sport. La raison et la morale peuvent-elles l'emporter sur la logique économique ?
Les téléspectateurs sont de plus en plus nombreux à accepter la notion de dopage dans le cyclisme, tant il est installé depuis de nombreuses années et tant le Tour
est difficile pour les coureurs. Dès lors, comprendraient-ils qu'on leur privent de leur passion, le Tour, quatrième évènement sportif au monde ?
Pensez vous qu'ARD et ZDF ont eu raison, ou, au contraire, qu'elles jettent le discrédit sur le Tour de France qui met tous les moyens en oeuvre pour nettoyer le
cyclisme ?
Peut-on nettoyer définitivement le cyclisme du dopage ? Si oui, comment y arriver ?
*Source : L'Equipe.
UPDATE : Après une journée de boycott (mercredi 18 Juillet), l'Union Européenne de Radio-télédiffusion (UER) a sommé ARD et ZDF de rendre
leurs droits. Dès le lendemain matin (jeudi 19 Juillet), c'est la chaîne privée Sat 1 qui les a acquis. La diffusion en directe de l'épreuve a
ensuite été assurée dans l'après midi suivant l'accord !
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