Voici une démarche culottée! Honda vient de présenter sa nouvelle monoplace qui participera au Championnat du Monde de Formule 1. Piloté par Barrichello et Button, le bolide présente une double-originalité : elle est intégralement décorée d'une photo de la terre et n'affiche que deux logos (ceux de Honda et du fournisseur officiel de pneumatiques du championnat) !
Fini les logos de pétroliers ou d'industriels du tabac. Honda Motor Corporation souhaite en effet montrer le bon exemple et "réduire l'impact subi par l'environnement" (gonflé pour un participant à une compétition particulièrement poluante). La firme compte utiliser la visibilité de la F1 pour sensibiliser un large public quant aux problèmes de changements climatiques. Mais quid des sponsors ? Honda perd alors l'espace jusqu'ici réservé aux sponsors sur la carrosserie.
En fait, Honda a lancé une opération astucieuse appelée "My Earth Dream". L'idée est d'offrir la possibilité à tout donateur de verser une somme sur www.myearthdream.com pour, en contre partie, voir son patronyme affiché sur les monoplaces. A raison d'un nom par pixel constituant l'image de la planète, le nombre de partenaires peut être incroyablement important. En revanche, leur visibilité sera sans aucun doute incroyablement ridicule. Il faudra en effet un microscope pour lire le nom ou logo du partenaire, ou aller surfer sur le site. Cela n'a pas empêché Universal Music et Gatorade d'adhérer au concept.
Car il ne s'agit plus d'un simple accord de sponsoring classique. Honda réalisera un vrai coup médiatique. Un très beau coup marketing, créant le buzz. En effet, en s'inspirant probablement de l'idée géniale d'un blogger américain qui a vendu sa homepage pour récolter un million de dollars, le constructeur automobile s'ouvre aux fans de la F1 qui pourront s'offrir un pixel de l'écurie ! Quoi de plus efficace pour recruter et fidéliser ses fans qui pourront ainsi s'approprier l'équipe ? Honda créé un lien affectif fort avec eux. La monoplace devient LEUR monoplace. Comme dans un jeu vidéo.
D'autant plus que la marque travaille considérablement son image en l'associant à des valeurs écologiques, préoccupation de plus en plus forte à travers le monde (comme en témoigne l'Oscar remporté par le documentaire écolo "Une vérité qui dérange" présenté par Al Gore).
C'est la raison pour laquelle les sponsors devraient suivre. Il ne s'agit plus de s'afficher simplement sur cette carrosserie mais de contribuer à la cause soutenue par Honda. (Eux mêmes devraient pouvoir relayer leur investissement auprès de leurs partenaires, clients, prospects, salariés). Cela pourrait ressembler à du mécénat. Encore serait-il bon de savoir où va l'argent. Car qu'on ne s'y trompe pas : les coûts pharaoniques de la F1 ne peuvent permettre à Honda de s'asseoir sur les revenus sponsoring. Mais il n'y a pas matière à s'en offusquer. Au contraire, la marque a su trouver un modèle économique intelligent de sponsoring citoyen en offrant avant tout une exposition de choix à une cause mondiale majeure. Par ailleurs, cela incite les sponsors à entreprendre une démarche de sponsoring actif à travers lequel l'exposition n'est plus l'unique levier de retours sur investissements (Coca-Cola en est le meilleur exemple).
On ne peut donc que leur souhaiter que cette opération soit une réussite et un exemple pour d'autres !
Enfin, si vous avez visité le dernier Salon de l'Auto à Paris, vous aurez sans aucun doute remarqué la nouvelle tendance du marché : les voitures "vertes" (entendez celles qui ne poluent pas et qui roulent au bio-carburant). Grâce à cette opération sponsoring d'envergure internationale, Honda se positionne très clairement comme une marque "verte". Ainsi, dans l'inconscient du consommateur, ses voitures ne poluront plus ! Or selon les spécialistes, les voitures écolos sont celles qui se vendront le plus.
Oeuvrer pour l'une des premières préoccupations de ses consommateurs, travailler son image, développer la vente de ses produits, voilà une stratégie de sponsoring complète !

A l'origine, la marque née en Australie reflétait les valeurs d'une génération jeune plutôt libérée et sans contrainte, créative, festive, aspirant simplement à profiter du moment présent. Mais le développement prodigieux du groupe, mené d'une main de maitre par Bernard Mariette, a du passé par la popularisation de la marque et de ses valeurs. Cette nouvelle direction a donc été relativement à l'encontre des aspirations d'une cible rebelle aux valeurs différentes d'un public de masse. Peut être pour reconquérir son coeur de cible initial, Quiksilver fait tourner actuellement un spot alternatif sur la toile et présenté ci-dessous.
Airness, la marque fondée à Saint Denis par Malamine Koné, français d'origine malienne, étend considérablement son territoire de marque.
Une autre rencontre lui fera passer un cap décisif dans son développement : Koné conclut un accord avec Ulhsport pour la fabrication d'équipements sportifs. Notamment grâce au savoir faire et aux réseaux d'Uhlsport, il devient l'équipementier de nombreux clubs professionnels de football (Rennes, Nantes, Valenciennes, Lille, Auxerre, Genk, Boavista, Fulham...) de sélections nationales (Mali, RD Congo, Bénin, Gabon, Guinée...) mais aussi de clubs de rugby (CS Bourguoin-Jailleu) ou de basket (Levallois, Sluc Nancy). Et aujourd'hui, Airness quitte les pelouses des sports collectifs pour faire sa première apparition sur les courts de tennis en sponsorisant le n° 3 mondial Nicolai Davydenko et la n°7 Petrova.
Partie des épaules des jeunes des quartiers pour arriver aujourd'hui sur celles des champions de tennis, Airness élargie considérablement sa cible. Mais a-t-elle les reins assez solides pour se permettre le luxe des majors du marché de cibler tous les profils de consommateurs ? Une marque initialement destinée aux jeunes branchés des quartiers peut-elle facilement séduire une cible tennistique moins populaire que celle du football ? Les amateurs de rugby peuvent-ils s'identifier à la même marque que ceux des footballeurs ?
Le pari semble toutefois risqué puisque avant d'étendre leur territoire, Nike et Adidas - pour ne citer qu'elles - ont d'abord consolidés leur position sur leurs premiers sports. Ce n'est qu'ensuite qu'elles ont sponsorisé d'autres disciplines puis créé des lignes de streetwear. Les deux majors sont devenus des marques "universelles" au contraire d'Airness, trop jeune pour le prétendre. Or ici, la démarche d'Airness est inverse puisque de marque de vêtements (et de téléphone !) streetwear, elle devient équipementier. 


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